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dimanche 22 mars 2015

Eléments de stratégie politique

Nouvelle Donne se prépare à entrer en campagne pour les élections régionales. Mais suivant quelle stratégie ? Et quels en sont les enjeux ? Je tenterai d'apporter ici un éclairage personnel sur ces deux questions.

Tout d'abord, avant de parler de stratégie, peut-être faudrait-il préciser quels sont nos objectifs ! Je le répète souvent, mais l'objectif ultime d'un parti politique n'est pas de gagner les élections : notre objectif ultime, c'est de changer la société. Et l'un n'entraîne pas forcément l'autre ! Il est sans doute nécessaire de gagner les élections, mais les dernières décennies ont prouvé que bien des partis les ont gagnées sans arriver à modifier en profondeur l'ordre des choses. Il faut donc se demander en quoi notre hypothétique victoire permettrait de changer la donne.

Mais qu'entendons-nous par le mot victoire ? Il va de soi que nous ne parlons pas de majorité absolue, ni même de remporter une région. Tout au plus peut-on espérer remporter quelques sièges de conseillers régionaux. Bref, rien de nature à bouleverser l'ordre établi. Il est important de conserver cela en tête avant de décider de notre future stratégie électorale. En effet, si nous avons réellement l'ambition de changer la société - ce qui est mon cas -, nous devons nous placer dans une perspective plus étendue, avec une vision à moyen ou long terme. En clair, les élections régionales ne sont qu'un point d'étape susceptible de crédibiliser Nouvelle Donne dans son aspiration à la conquête du pouvoir. En conséquence, notre objectif ne doit pas être entendu en terme de postes, mais en celui de score obtenu sous nos propres couleurs. Au terme de ces élections, Nouvelle Donne doit être perçue comme étant la force montante de la gauche.

Cela implique que notre parti se présente seul au premier tour, sans alliances ni front commun. Tout projet allant dans le sens d'une union de la gauche de la gauche limiterait fortement la visibilité de Nouvelle Donne et noierait ses idées dans un grand maelstrom. De plus, dans ce cas de figure, le ras-le-bol général envers l'ensemble de la classe politique ne pourrait que rejaillir sur notre jeune parti. Notre image est bonne car elle n'est pas encore entachée par le reste de la classe politique. Sachons la conserver.

Notons également, et c'est un point fondamental, que la stratégie d'un premier tour sans alliances est largement plébiscitée par les adhérents. Bien entendu, je ne peux parler ici que de mon propre ressenti auprès des militants que j'ai pu rencontrer. Mais il me semble qu'une très large majorité se dégage en faveur de cette stratégie. Il y aurait donc un grave danger à tenter d'imposer des alliances - ou un front commun, comme on veut -. Il est probable que dans un tel cas de figure, nous perdrions au minimum la moitié de nos adhérents. Qui a adhéré à Nouvelle Donne pour conduire une liste commune avec d'autres partis ? Personne. Si nous sommes ici, c'est parce que nous aspirons à mieux. A beaucoup mieux. Nous avons l'ambition de changer la société, ce qui implique de devenir à terme la première force de gauche. Et donc de faire nos preuves sans alliances au premier tour.

Reste à savoir comment obtenir un score susceptible d'entraîner une dynamique en notre faveur. Pour cela, il nous faut partir d'un constat simple : notre plus gros réservoir de voix se situe dans le camp des abstentionnistes. Pourquoi les citoyens ne votent-ils plus ? Car ils rejettent tout ce qui ressemble de près ou de loin à un parti politique classique. Notre succès ne peut donc reposer que sur la distance que nous saurons mettre avec les autres formations politiques. Cela signifie-t-il que nous agissions seuls ? A mon sens, non. Notre démarche doit s'inscrire dans le cadre d'un vaste mouvement citoyen, seul à même de rassembler les foules. En élargissant notre audience, par exemple en se présentant sous l'étiquette "Mouvement citoyen pour une Nouvelle Donne", nous pourrions allier la souplesse des rassemblements citoyens à la nécessaire cohésion programmatique d'un parti politique.En définissant Nouvelle Donne comme le cœur d'un mouvement citoyen plus vaste, nous pourrons enclencher une dynamique susceptible de se poursuivre bien au-delà des échéances des élections régionales.

Ce n'est bien entendu que mon point de vue, que je soumets ici au débat.

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